Chère Lola,je ne veux pas raconter ma vie, mais :je peux te dire qu'avec la dispartion des personnes qui nous sont très proches, et sur lesquelles on compte, on devient très vulnérable, on a ensuite une conscience exacerbée de la fragilité de la vie et que l'on surprotège ceux qui restent...Pour ce qui me concerne je ne me suis jamais habituée à cette situation, ils me manquent tous terriblement et je suis contente d'avoir trouvé ME pour de temps en temps vider mon sac et trouver souvent une écoute gentille et désintéressée ainsi que des conseils dépourvus d'ironie ou d'arrière-pensée.Un père, une mère, sont des personnes irremplaçables, et même si l'on a qq fois des problèmes, ramené à ce qui est essentiel, la vie, celà ne compte pas.Mon père est mort brutalement un mois avant Noël, inutile de te dire que cette année là, il n'y a pas eu de fete...Aussi, quand arrivent les enfants, on a à coeur de reproduire tout ce que l'on aimait quand on était petit, l'odeur du sapin, les cantiques, le repas avec une belle nappe, les petites habitudes qui font que l'on pense à eux et que leur mémoire se perpétue, comme celà, gra^ce à ces petits gestes, ils sont dans l'esprit de tous...Je crois qu'en fait le problème est très égoïste : on a l'habitude de compter sur qq'un en cas de coup dur, on n'a pas de réel souci... et d'un seul coup tu deviens celui sur qui les autres comptent, et çà, on n'en n'a pas du tout envie et on n'y est pas du tout préparé...Il ne faut pas que tu aies de regrets du passé, c'est le passé, il est mort, et à priori, tes parents ne t'en gardent pas rigueur. Il faut vivre intensément le présent, chaque jour comme s'il était le dernier, regarder tous les couchers de soleil, savourer tous les bisous, les moments de tendresse...Et aussi, apprendre à conduire moins vite, mettre toutes les chances de notre coté pour que celà dure longtemps. Penser à tous ceux qui vivent bien pire, qui ont des enfants malades... cf le téléthon ! (quand ma puce était bébé et que je l'entendais hurler si le biberon ne venait pas assez vite, je pensais à toutes ces mamans qui entendent leur bébé hurler et qui n'ont rien à leur donner...) En fait je crois que les épreuves nous permettent de découvrir d'autres choses, un autre côté, moins superficiel de la vie et aussi de grandir moralement et spirituellement si l'on ne cède pas à la révolte ou au résignement...Allez, je dois raser tout le monde Donc, j'arrête et ce n'est pas avec de tels propos que je vais te rassurer...Et que tout le monde me pardonne pour ce grand discours ramolli et rasoir sur moi-même!!!Au secours Pierrette et Charlyne !!!je t'embrasse très fort et surtout, passe de bonnes f^tes de Noël !!!