Coucou Maryanick !
Je t'ai écrit "en direct" il y a de cela quelques jours, mais comme je n'ai eu aucune nouvelle de ta part, je me demande si je n'ai peut-être pas envoyé mon message au bon endroit ? J'avais cru retrouver tes coordonnées ... mais maintenant je n'en suis plus si sûre ...
Alors, je te le transmets par l'intermédiaire de M.E.
Là, je suis sûre que tu le liras.
Si tu avais reçu ce message mais que tu n'avais simplement pas eu le temps de me répondre ... sorry !Le voilà donc :Je t'écris concernant les deux discussions que tu as "lancées" et qui
parlent de ta petite Manon.Tout d'abord à propos de la mort : Je suis un peu comme toi face à cette
notion, vis-à-vis de mon fils. Je voulais attendre qu'il soit un peu plus
grand (ou confronté à cela dans la vie de tous les jours) pour lui inculquer
cette notion. Jusqu'à aujourd'hui, je l'ai donc comme toi protégé de cela.
J'ai même "censuré" Bambi, moi !!!
Je ne pense pas que cela soit un problème ! L'essentiel est que la maman
sente le moment où elle peut expliquer cela de manière naturelle et en
évitant les "traumatismes".Je pense qu'il y a des enfants à qui l'on a tout de suite parlé de la mort
et qui sont traumatisés, et d'autres à qui on l'a cachée les 3 ou 4
premières années de vie, et qui se portent très bien. Donc, je ne pense pas
que tu aies mal fait, et surtout je ne pense pas que ce soit ton
comportement face à cela qui ait créé le problème que tu rencontres
aujourd'hui avec ta puce !!! Donc, première chose : ne culpabilise pas !J'ai vu un jour un reportage sur les angoisses des enfants et j'ai appris
qu'il y avait une proportion impressionnante d'entre eux qui étaient
angoissés fasse à la mort même sans jamais en avoir parlé avec leurs
parents. Moi-même, étant enfant, j'ai vécu des angoisses monstrueuses face à
cela. Déjà bébé, je dormais les yeux ouverts, et c'est bien plus tard,
lorsque j'ai pu exprimer mes sentiments, que ma maman a compris que c'était
cela.
Donc, il est très possible que ta fille ressente des tas de choses vis-à-vis
de la mort qui la dépassent et dont tu n'es absolument pas "responsable" !Concernant son agressivité, je ne suis pas "psy", mais je me dis que cela
doit être lié à l'arrivée du "bébé". J'ai souvent lu que les aînés mettent
parfois de nombreux mois à réagir à l'arrivée d'un petit concurrent ! Et que
tout se déclenchait lorsqu'il se mettait à marcher et à avoir de
l'autonomie.Je vais te poser une question (indiscrète dont tu n'as pas besoin de me
donner réponse à moi, mais qui pourra peut-être te faire réfléchir ?!?)
Désirais-tu vraiment avoir une fille ? As-tu été "libérée" de ton envie en
ayant ton petit Thomas ? Cela peut peut-être te choquer, mais il n'est pas
impossible qu'elle ressente ton apaisement depuis l'arrivée de ton fils
?!?!?!
Je te dis cela, je suis bien placée pour savoir ce que c'est : je voulais à
tout prix une fille, et ai fait beaucoup de démarches et de travail sur moi
pour éviter que cela ne se ressente dans ma relation avec mon fils aîné ! Je
ne suis personnellement pas particulièrement pour les Psychologues et
autres, mais je me dis que cela pourrait peut-être vous aider toutes les
deux. Peut-être a t'elle des sentiments qu'elle n'arrive pas à formuler
autrement que par son agressivité à ton encontre ?
Je ne veux pas faire de la psychologie à 2 sous, mais je pense que c'est de
ce côté qu'il faut aller chercher !Et quoi qu'il en soit, je ne pense pas qu'il faille t'inquiéter outre
mesure : elle est à un âge difficile et tout ceci va évoluer dans le bon
sens, si tu arrives à ne pas te braquer contre elle (cela me parait très
important !) Dis-toi que tout ce qu'elle te dit ne t'est pas directement et
personnellement adressé ! Elle en souffre certainement beaucoup elle même.
Et il faut bien se dire qu'un petit enfant n'a comme autre repère "et
souffre douleur" face à ses propres angoisses, que sa maman !!! Elle doit
être là pour les bons et les mauvais sentiments. C'est ce qui permettra à
ton enfant de grandir sainement.
Par contre, il faut bien être claire avec elle : Elle a le droit d'être
fâchée, de penser des "vilaines" choses sur les gens qui l'entourent, tant
qu'elle ne les matérialise pas ! Par exemple : Dire qu'elle n'aime pas
Thomas est OK ... par contre elle n'aura jamais le droit de lui faire du mal
! Lorsque je te dis ça, je pense à un très bon livre qui s'appelle "tout se
joue avant 6 ans". On y explique qu'il ne faut jamais interdire à un enfant
des sentiments, même négatifs sinon plus tard, à force de les refouler , il
risque de devenir vraiment agressif au plus profond de lui même.Voilà ! J'espère de tout coeur ne pas t'avoir heurtée et surtout avoir pu
peut-être un peu t'aider !
Courage !
Bisous et à bientôt !
Charlyne