Salut Laurie !
C'est incroyable, ton coup de gueule, j'aurais pu le pousser moi même ! A part quelques variantes, nos histoires se ressemblent étrangement...
J'ai 28 ans, j'ai un frère de 13 ans mon aîné, ma mère était femme au foyer et mon père, de par son travail, n'était jamais là. Moi aussi jusqu'à l'adolescence, je prenais tout ce que ma mère disait pour parole d'évangile alors qu'elle mentait, arrangeait "ses" vérités, manipulait... Dès l'âge de 15 ans, je me suis confrontée à elle, me mettant à mettre en doute ses opinions : tu t'en doutes, elle l'a très mal pris et me repproche encore ma "période adolescente". Pourtant, même si j'ai mis de l'eau dans mon vin, je pense toujours la même chose d'elle, sinon pire ! Mes parents continuaient à voir leurs familles, mais ça n'allait pas très fort, ma mère critiquait tout le monde et ne supportait personne, mais à l'époque, elle était trop timide pour rompre les ponts. A 18 ans, je n'en pouvais plus et j'ai choisi d'aller faire mes études à 50 km de chez moi (ma mère a évidemment beaucoup pleuré pour m'en empêcher...), comme ça, je ne rentrais que le we. Le bonheur pendant deux ans ! Quand je suis revenue, les problèmes aussi ! Deux ans après (à 22 ans), je me suis installée avec mon copain (mon mari maintenant), et là, malheureusement, mon père est tombé malade. Il est décédé deux mois plus tard... Je regretterai toujours de ne pas avoir eu l'occasion de le connaître vraiment, comme toi... Là, les choses ont empiré. Je pense que mon père devait un peu la canaliser.
A 25 ans, je me suis mariée. Elle m'a aidée à choisir ma robe, et aucune ne lui plaisait, elle a même été franchement désagréable avec la vendeuse quand j'ai flashé sur ma robe. De toute manière, m'a-t-elle dit, la plupart des mariages finissait par des divorces ! Comme toi, elle n'a pas du tout participé aux préparatifs de notre mariage, et quand, la veille, on lui a gentiment montré ce qu'on avait fait, elle a tout critiqué, et elle a fait une véritable crise d'hystérie quand elle a vu qu'une de mes tantes avait été placée deux tables derrière elle (trop près d'elle) allant jusqu'à m'injurier en pleurant comme une folle. Autant te dire que mon mariage a bien failli être gâché... Depuis, mon mari la hait profondément, ce qui ne me facilite pas la tâche, mais je le comprends.
Depuis, elle a décidé que plus personne ne devait l'embêter, du coup, elle a rompu tous liens avec la famille de mon père et la sienne. dans sa bonté, elle s'occupe quand même de sa mère qui pourtant "ne l'a jamais aimée". A l'annonce de ma grossesse, j'ai été étonnée de la voir émue. je me suis un peu radoucie mais j'ai vite déchanté quand j'ai vu que mes petits maux de grossesse la ravissaient : elle adore plaindre mielleusement les gens qui ont des problèmes. D'ailleurs quand je vais bien, elle, ne va pas bien du tout. A la naissance de mon fils, je sentais qu'elle se forçait à paraître heureuse, d'ailleurs, elle ne lui a mesquinement offert qu'un horrible petit pyjama : du 0-1 an m'a-t-elle dit, quand je lui ai répondu qu'un bébé ça grandissait vite : elle m'a conseillé de couper les pieds du pyj ! Des fois je pense qu'elle est folle...
En ce moment, la coupe est vraiment pleine. Après 5 ans 1/2 de veuvage, elle vient de tomber follement amoureuse d'un type qui n'a pas un rond devant lui et qui a dû sentir la faille... Mon père a laissé à ma mère une retraite confortable, une très belle maison, et un rondelet capital. Là, après un mois 1/2, elle n'a pas hésité à partir en voiture (la sienne) avec lui jusqu'en Belgique et aux Pays-Bas parce qu'il avait des amis à voir là-bas... J'ai cru comprendre qu'elle avait tout financé. Je n'ose pas en parler à mon frère (le "gentil Monsieur" insiste pour qu'elle ne mette par au courant ses enfants de la situation, elle me l'a quand même dit, mais mon frès ignore tout), car elle a toujours fait en sorte de nous tourner l'un contre l'autre, donc je ne suis pas très à l'aise avec lui. J'ai peur que l'argent que mon père a mis toute une vie à économiser et n'a même pas eu le temps de dépenser, parte entre les mains d'un embobineur de première... Je suis franchement désespérée, là elle me fait du chantage affectif pour que je ne dise rien à mon frère, et quand je lui dis de se méfier de lui et que tout cela est un peu prématuré, elle me dit que j'ai fait la même chose à 18 ans, et que si j'insistais à la juger, elle me balancerait tout ce que j'ai fait à cet âge là ! Déjà, je ne pense pas avoir fait beaucoup de bêtises, en plus à 18 ans, on a quand même moins de recul sur les choses...
J'en ai marre d'elle, moi aussi parfois, je songe que son décès serait un vrai soulagement, et je me déteste de penser cela.
Tu vois, je n'ai pas non plus trouvé la solution, je pense que nos mères ne sont pas tout à fait saines d'esprit et qu'il est difficile de les comprendre quand on a une certaine logique.
Ma hantise à présent c'est d'aller gâcher mon Noël chez elle comme on le fait tous les ans, avec mon mari qui fait la geule parce qu'il aimerait être ailleurs, et des réflexions idiotes de ma mère.
Je pense néanmoins que maintenant qu'elle n'est plus seule, même si le Monsieur est plus que doûteux, j'aurai moins de mal à rompre les ponts.
C'est vrai que ça fait du bien d'en parler...
Bon courage et à bientôt peut-être