ce texte m'a tout simplement revoltee je suis me entrain de le traduire a mes collegues americains
moi aussi le coup du passeport ca m'a etonnee ceci dit tous ce qui est leger s'est envole (il n'y avait qu'a voir les rues apres les desatres alors pouruoi pas in passeport!)
mais de la a aller imaginer des trucs aussi loufoques ...
sinon pour leur these de l'avion qui ne se srait pas ecrase sur le pentagone, il est passe ou alors??? il s'est envole pour la lune?? on a quand meme le # de vol ainsi que la liste des passagers non? ils se sont volatilises???allez mieux vaut en rire c'est tellement ridicule! ceci dit en septembre cet article m'avait tout autant degoutee...
LE MONDE | 18.09.01 | 10h53 | analyseJe ne me sens pas américaine, par Marie-José Mondzain
Depuis le 11 septembre, il nous est demandé d'être américains.
Personnellement, aujourd'hui, je ne me sens pas du tout américaine, mais
je sens au contraire redoubler en moi toutes les raisons de condamner un
monde qui fait chorus avec un président catastrophique, celui qui défend
la peine de mort et qui n'a que mépris pour le Moyen-Orient. L'horreur de
ce qui vient d'arriver nous plonge tous dans la tristesse et dans
l'effroi. De telles émotions ne doivent en aucun cas paralyser la pensée
et nous priver de tout jugement.
L'analyse des images qui nous submergent est mythologique-ment claire. Le
symbole d'un em- pire économique s'écroule, rien ne manque aux emblèmes,
ni la tour babélienne, ni la foudre divine, ni, surtout, le discours qui
retourne la guerre sainte des uns en justification de la sainte guerre des
autres. Des hommes et des femmes succombent ensemble, bourreaux et
victimes indistinctement. Et le deuil ne se prend qu'en cantiques et
drapeaux. Dies Irae ! La planète est en prière, et l'Amérique est sûre que
Dieu va exprimer sa colère et son désir de juste vengeance contre les
pieux impies.
Les morts ne sont que des chiffres, ils s'appellent "disparus", ceux qui
sont absents de toutes les images. Jamais on n'a tant parlé de Dieu. La
vraie victime n'est pas de chair, elle n'est pas humaine, mais symbolique.
Voilà ce qu'il nous faut croire. La confusion est devenue totale entre
bourreaux et victimes, mais aussi entre réalité du deuil et fiction des
drapeaux, entre symbole de béton et vie humaine.
Certains ont pu parler des dangers d'un abus des images de "la mort en
direct", d'autres ont évoqué la lourde analogie cinématographique avec les
films-catastrophes. Il n'en est rien. Le passage en boucle d'une dizaine
d'images obsédantes et répétitives de deux tours qui s'effondrent n'a pas
le moindre rapport avec le direct d'une temporalité, qu'elle soit réelle
ou narrative. Bien au contraire, elle fait basculer le spectateur dans la
répétition hallucinatoire d'un clip-cauchemar, c'est-àdire d'un mauvais
rêve empruntant le rythme publicitaire.
La déréalisation opère dans la fascination de l'effroi, et nous attendons
le réveil salvateur. On nous hypnotise, on nous maintient dans la stupeur.
Il faut que l'imprévu entre dans l'impensable. J'entends une radio dire :
"L'impensable est arrivé." Cette situation informative est d'une grande
violence et nous prépare à la violence impensée des réponses qui se
préparent.
Soyons clairs à notre tour. Comme dans tout scénario meurtrier, la
question de l'enquêteur est : à qui profite le crime ? Aux Palestiniens ?
Certainement pas : Sharon a enfin les mains libres. Il ose dire qu'Arafat
est son Ben Laden et il va continuer sa politique aveugle face aux nations
tétanisées ! Aux Afghans écrasés par les talibans ? Non plus : les voilà
menacés de disparaître demain sous les bombes américaines. Aux pauvres ?
Aux opprimés ? Pas le moins du monde. Si Ben Laden est bien en cause, il
est le fils traître des Etats-Unis, leur ancien élève, l'outil stratégique
de naguère ; sa richesse est américaine.
A présent, dans le monde entier, les Arabes sont montrés du doigt comme
des monstres programmés religieusement. Halte à l'amalgame, dit-on.
L'amalgame est fait, voilà la triste vérité.
Non. Ceux qui se dressent plus arrogants et plus forts que jamais sont
Bush, Poutine et Sharon. Quelle réussite ! Bush devient un immense héros à
la fois tragique et vengeur, et Poutine peut en finir avec les
Tchétchènes...
Maintenant, regardons de plus près : voilà un pays, le plus puissant du
monde, qui ne vous laisse pas entrer chez lui avec un camembert, un chien
non vacciné ou une carte du Parti communiste même périmée, mais où vous
pouvez, en tant que citoyen d'un pays arabe appartenant à des réseaux
terroristes, entrer avec un faux passeport, apprendre à piloter, vous
équiper d'armes blanches sans faire l'objet du moindre soupçon, de la plus
petite surveillance. N'est-ce pas étrange ? Vous pouvez même faire savoir
qu'il se prépare quelque chose de fort méchant, on ne vous croit pas.
Ces mêmes Arabes sont si stupides qu'ils circulent encore deux jours après
l'attentat dans un aéroport avec des armes blanches, des consignes de
pilotage ; d'autres laissent une voiture avec le Coran et un manuel de
pilotage dans un parking. Suivez la trace, c'est simple, le lendemain. La
CIA et le FBI, avant-hier encore impuissants, deviennent d'une efficacité
stupéfiante. Tout cela est si invraisemblable qu'on ne peut pas ne pas se
poser des questions graves.
Je ne suppose aucun grand complot machiavélique, mais je constate que la
stratégie confusionniste des informations vise à produire un chaos
ténébreux dans l'esprit de chacun. Si nous ne savons plus quoi penser,
quelle aubaine pour ceux qui pensent à notre place et qui prendront des
décisions terribles sans que nous ayons pu exprimer nos doutes, nos
interrogations, nos analyses. Le prix payé par les vraies victimes de cet
effroyable carnage est démesuré. Encore faut-il que les vies humaines
aussi, en Occident, aient autant de prix qu'on nous le dit. L'histoire de
notre XXe siècle nous permet d'en douter.
Tout ce que je souhaite, c'est que nos gouvernements occidentaux ne
s'engouffrent pas tête baissée dans un inextricable écheveau d'intérêts
économiques dont la population civile de la planète entière est en train
de devenir l'otage. Nous devons tous résister au désir de vengeance
aveugle qui ouvre à nouveau les vannes au racisme, au fanatisme religieux
de tous les camps, et qui nous ferait oublier de remonter aux véritables
causes économiques et politiques d'un si grand désastre.
Marie-José Mondzain est directrice de recherche au CNRS.aller peace and love